Les diplômés européens peuvent participer à l'essor économique de l'Afrique

A une époque où l'Europe traverse une crise de confiance majeure et où les débouchés pour les jeunes diplômés ou entrepreneurs en herbe se resserrent, nombreux sont ceux qui sont tentés par l'exil. Parmi les destinations qui viennent le plus souvent à l’esprit, on trouve, bien entendu, la Chine (qui, on nous le rappelle souvent, est appelée à devenir la première puissance mondiale), l'Australie qui, portée, par son intégration dans les économies asiatiques, profite de l'expansion de cette dernière, ou encore le Canada.

On pense moins souvent à l'Afrique, comme terre d'opportunités et pourtant, il est fort probable que l'Afrique soit la nouvelle Chine, dont le taux de croissance se tassera d'ici une dizaine d'années, pendant que l'Afrique, dernière frontière du développement économique mondial,  prendra son envol grâce à la conjonction de plusieurs facteurs : des forces vives de mieux en mieux formées, des populations jeunes, des ressources en matières premières plus que significatives, un capital prêt à s'investir et enfin, des besoins très importants dans tous les domaines.

C'est ce qui pousse certains entrepreneurs français comme Hassan Hachem à conseiller les jeunes à tenter leur chance en Afrique. « Lorsque je suis entré sur le marché du travail, au début des années 1990, l'Afrique manquait cruellement de spécialistes dans tous les domaines (le mien étant l'architecture) mais offrait déjà des opportunités. J'ai eu envie de saisir ces opportunités et  vingt ans plus tard, je peux affirmer que jamais je n'aurais réalisé la carrière qui est la mienne et être à l'origine d'autant de sociétés si j'étais resté en France où un architecte trouvait difficilement du travail et était payé l'équivalent de 7 euros de l'heure »,  explique Hassan Hachem

« Ce qui est remarquable pour les jeunes, c'est que l'Afrique offre aujourd’hui beaucoup plus d'opportunités : elle progresse dans tous les domaines et certains pays vont probablement connaître un décollage économique comparable à celui des tigres asiatiques », poursuit encore Hassan Hachem.

J'encourage vivement les jeunes diplômés à explorer les opportunités car l'Afrique a besoin de compétences techniques et managériales importantes. Evidemment, tous les pays africains n'offrent pas les mêmes opportunités. Le développement économique nécessite une stabilité que tous les pays n'offrent pas, précise Hassan Hachem, « mais il suffit de s'intéresser aux pays dont le taux de croissance dépasse 5 % sur les 10 dernières années. Ces derniers sont souvent prêts à quitter le statut de pays en développement pour entrer dans le club des pays émergents et c'est peut-être là où les opportunités sont les plus faciles à saisir. L'ère qui s'ouvre à l'Afrique est inédite et c'est certainement la nouvelle frontière, comme le  Far West a pu l'être pour les Etats Unis, il y a 150 ans ».

Pour conclure, voici les pays qui ont le plus de potentiel à moyen terme, selon Hassan Hachem. « Si je  me fie aux dernières études auxquelles j'ai eu accès, je pense qu'il y a de fortes opportunités dans les  pays suivants  pour les  cinq prochaines années : le Ghana, l’Afrique du sud, la Zambie, l’Angola, la Mozambique, la Tanzanie, le Kenya, Malabo (Guinée Equatoriale) et enfin l’Ouganda. »

6 pays à considérer

Voici une liste de pays dont l’économie enregistre de fort taux de croissance et qui se présentent donc comme de nouvelles terres d’aventures. Ces pays ne sont certainement pas les plus développés, mais leurs progrès économiques sont plus que louables.

Rwanda

Le produit intérieur brut (PIB) du Rwanda est passé de 4,7% en 2013 à 7,0% en 2014. En 2015, il le taux de croissance du PIB du Rwanda a atteint 7,5%. Cette perspective positive vient 20 ans après le génocide rwandais qui a paralysé l'économie du pays. Au fil des années, le pays de l'Afrique de l'Est est devenu une histoire de réussite où l'unité et la réconciliation ont contribué à sa croissance rapide.

Le Rwanda fait tout son possible pour réduire les goulots d'étranglement dans les transports et les infrastructures énergétiques pour stimuler la croissance économique.

De plus, le secteur du tourisme et les envois de fonds ont continué à rester des sources de devises fortes. C'est selon le rapport sur les Perspectives économiques en Afrique pour le Rwanda.

Le rapport affirrme que "l'amélioration des conditions météorologiques et des investissements soutenus dans l'agriculture devraient stimuler la croissance dans le secteur agricole". Le secteur agricole reste la principale source de revenus pour l'économie en développement.

De plus, le rapport « Doing Business 2016 » de la Banque mondiale, récemment publié, place le Rwanda au deuxième rang des pays africains les plus « business friendly » en Afrique subsaharienne et le premier en Afrique de l'Est.

« Doing Business » affirme que l'accès au crédit au Rwanda n'est comparable à aucune autre économie en Afrique, car il s'agit de la deuxième meilleure au monde après la Géorgie.

En résumé, voici les perspectives du PIB du Rwanda:

PIB 2017: + 7,00%

PIB 2018: + 7,50%

Économie: 90% de la population travaille dans l'agriculture de subsistance, tandis que le tourisme, les minerais, le café et le thé complètent l'économie du Rwanda. Bien que le pays ait pris des mesures significatives depuis le génocide de 1994, 45% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté.

Tanzanie

En 2014, la Tanzanie avait une population estimée à 47,4 millions d'habitants. Le Fonds monétaire international et le Groupe de la Banque mondiale (GBM), parmi d'autres partenaires de développement, ont aidé le pays d'Afrique de l'Est à effectuer d'importantes réformes économiques et structurelles et à maintenir ses taux de croissance économique.

Malgré l'imminence de la pauvreté dans le pays, les réformes engagées devraient aboutir à un assainissement de l'économie.

Selon WBG, en 2016, le produit intérieur brut du pays était de 7,0%, les principaux contributeurs étant; secteurs du commerce, de la construction, de l'agriculture et des transports.

Voici un aperçu du PIB du pays:

PIB 2015: + 7,20%

PIB 2016: + 7,10%

PIB en 2017: + 7,10%

Économie: La Tanzanie a récemment connu des taux de croissance élevés en raison de la production d'or et du tourisme. L'économie tourne également autour des télécommunications, des banques, de l'énergie et des mines, ainsi que de l'agriculture. En termes de revenu par habitant, cependant, le pays est l'un des plus pauvres du monde.

Mozambique

La production de charbon a contribué à la croissance régulière du Mozambique. De plus, il y a eu de grands projets d'infrastructure ainsi que l'expansion du crédit au service de l'économie, indique African Economic Outlook.

La Banque mondiale soutient en outre que l'industrie extractive émergente du pays pourrait être la force motrice pour le Mozambique à devenir un pays à revenu intermédiaire d'ici 2025.

Les Perspectives économiques en Afrique montrent que le PIB du Mozambique augmente de 8,1% depuis l'année dernière.

La paix relative dans le pays après de nombreuses années de guerre civile et la découverte du gaz naturel sont des facteurs prometteurs pour la croissance de l'économie dans le passé et dans l'avenir, si le statu quo demeure.

Voici un résumé du PIB du pays:

PIB 2015: + 7,20%

PIB 2016: + 7,30%

PIB en 2017: + 7,30%

Économie

Le Mozambique a attiré de grands projets d'investissement dans les ressources naturelles, ce qui signifie que les taux de croissance élevés du pays devraient se poursuivre. Certains analystes croient que le Mozambique pourrait être en mesure de générer des revenus de gaz naturel, de charbon et de capacité hydroélectrique supérieurs à l'aide de ses donateurs d'ici cinq ans.

Mais la grande majorité du pays travaille dans l'agriculture de subsistance, et plus de la moitié de la population reste en dessous du seuil de pauvreté.

 

Côte d'Ivoire

« Perspectives économiques en Afrique » indiquent que le taux de croissance de la Côte d'Ivoire augmentera régulièrement après la croissance estimée de 8,3% en 2014 et 2015.

En 2014, le gouvernement a pris des mesures importantes pour réduire les tensions politiques et favoriser la réconciliation et la cohésion sociale.

D'ici 2020, « Perspectives économiques en Afrique » estime que le pays aura atteint son objectif de devenir une nation émergente.

Avec l'aide du FMI, le pays a été en mesure de percevoir plus de taxes et de contrôler les dépenses publiques, ce qui a réduit le déficit budgétaire, y compris les subventions.

Voici un résumé du PIB du pays:

PIB 2015: + 8,00%

PIB 2016: + 7,70%

PIB 2017: + 7,50%

Économie

Environ les deux tiers de la population travaillent dans des industries liées à l'agriculture. Le pays est le premier producteur et exportateur mondial de fèves de cacao et est également un acteur majeur dans les industries du café et de l'huile de palme.

République démocratique du Congo

En 2014, le taux de croissance du PIB du Congo a doublé, passant de 3,3 en 2013 à 6,0%. Cela a été provoqué par le rebond de la production pétrolière (60% du produit intérieur brut [PIB]) et les bonnes performances dans le secteur non pétrolier, soutenues par la poursuite des investissements publics, selon « Perspectives économiques en Afrique ».

En 2015, la RDC a enregistré son score de liberté économique le plus élevé dans l'indice 2015.

Le FMI indique que la «croissance globale devrait atteindre en moyenne 3% par an entre 2015 et 2020, la production pétrolière devant culminer en 2018 après la mise en service d'un nouveau gisement pétrolier. La croissance hors pétrole devrait ralentir à environ 3% en 2015-16, les dépenses d'investissement public se contractant et les projets miniers étant retardés en raison des perspectives mondiales incertaines pour le minerai de fer ".

Le résumé du PIB pour le pays est le suivant:

PIB 2015: + 8,00%

PIB 2016: + 8,50%

PIB de 2017: + 9,00%

Économie

La République Démocratique du Congo possède une énorme richesse en ressources naturelles, qu'elle n'a pas été en mesure de monétiser efficacement à cause de la corruption systémique, des conflits et de l'instabilité politique. Cela dit, son économie se rétablit lentement depuis les années 1990 tumultueuses.

Ethiopie

Selon le rapport de la Fondation Gates intitulé «Un pied sur terre, un pied dans les airs», compilé par l'Overseas Development Institute, le secteur agricole a renforcé la croissance et le développement de l'Éthiopie. Plus précisément, le secteur a contribué à réduire la pauvreté de 7% entre 2005 et 2011, malgré un indice de développement humain parmi les plus faibles dans les années 1990.

Pour stimuler la productivité, l'Éthiopie «maintient des équipes d'agronomes dans de vastes zones rurales pour stimuler la productivité en recommandant les meilleures pratiques agricoles et l'innovation scientifique», poursuit le rapport.

"En outre, le doublement du réseau routier éthiopien en deux décennies a permis à davantage d'agriculteurs de mettre leurs produits sur le marché", indique le rapport.

En moyenne, l'économie éthiopienne croît de 10% par an et devrait doubler au cours des sept prochaines années. Cela signifie que d'ici 2025, il deviendra un pays à revenu intermédiaire. C'est ce que rapporte la Banque mondiale.

Le PIB de l'Ethiopie en résumé:

PIB 2015: + 9,50%

PIB 2016: + 10,50%

PIB en 2017: + 8,50%

Économie

 

L'économie de l'Éthiopie est principalement basée sur l'agriculture, mais le gouvernement a fait des efforts pour se diversifier dans la fabrication, le textile et la production d'énergie. Mais tandis que le pays a vu et (par la Banque mondiale) continuera à voir une croissance élevée du PIB, le revenu par habitant reste l'un des plus bas du monde.